Neato : la marque a fermé, que faire de votre robot
Si vous cherchez un aspirateur robot Neato, il y a une information à connaître avant toute chose : la marque n’existe plus. Voici ce que cela change concrètement pour votre appareil, et ce qu’il faut faire ensuite.
L’essentiel en trente secondes
- Neato Robotics, racheté par l’allemand Vorwerk en 2017, a fermé en 2023.
- Les serveurs qui alimentaient l’application ont été coupés, avant même la fin de la période de maintien annoncée.
- Votre robot continue d’aspirer via son bouton physique. Ce sont le pilotage à distance, la carte et la programmation qui disparaissent.
- Acheter un Neato neuf n’est plus possible, et l’occasion se justifie rarement.
Ce qui est arrivé à Neato
Neato Robotics n’était pas un acteur marginal. La marque californienne a été l’une des rares à tenir tête à iRobot pendant les années 2010, avec une signature reconnaissable entre toutes : le châssis en D. Là où les robots ronds laissent forcément un arc de cercle non nettoyé dans les angles, la face avant plate du Neato lui permettait de venir buter contre le coin. C’était une vraie idée, et elle a fait la réputation de la marque.
Vorwerk, le groupe allemand connu pour le Thermomix, rachète Neato en 2017. La suite est moins glorieuse. Les parts de marché stagnent autour de 3 %, l’arrivée des constructeurs chinois change complètement l’économie du secteur, et en 2023 Vorwerk annonce la fermeture pure et simple de Neato. Le communiqué évoque des objectifs économiques non atteints depuis plusieurs années malgré les efforts de restructuration, et la suppression de 98 postes dans le monde.
Pour les propriétaires d’un appareil, l’annonce s’accompagnait d’une garantie : la plateforme cloud serait maintenue cinq ans. C’est cet engagement qui n’a pas été tenu.
La coupure des serveurs, l’épisode qui change tout
Vorwerk a débranché l’infrastructure cloud de Neato avant l’échéance annoncée. Du jour au lendemain, des appareils en parfait état de marche ont perdu tout ce qui passait par le réseau. Une pétition a circulé pour demander le maintien des serveurs, sans effet.
C’est un précédent qu’il faut garder en tête bien au-delà du cas Neato : sur un robot connecté, une partie de ce que vous achetez n’est pas dans le carton. Elle est sur un serveur qui appartient au fabricant, et qui peut être éteint. Nous en tenons compte dans notre méthodologie, et c’est devenu un critère à part entière quand une marque traverse des difficultés.
Ce que votre Neato sait encore faire
La bonne nouvelle, c’est que l’aspiration ne dépend d’aucun serveur. Le moteur, la brosse, la navigation laser et le retour à la base sont pilotés par l’électronique embarquée du robot. Rien de tout cela n’a disparu.
Concrètement, votre appareil peut toujours :
- démarrer un cycle complet par appui sur le bouton de la coque ;
- naviguer normalement, puisque le laser est embarqué ;
- revenir se recharger seul à la fin du cycle ou quand la batterie faiblit ;
- reprendre le nettoyage après recharge sur les modèles qui le géraient déjà.
En revanche, tout ce qui transitait par l’application est perdu :
- le démarrage à distance depuis le téléphone ;
- la programmation horaire et les nettoyages planifiés ;
- la carte de votre logement, les pièces nommées et les zones interdites ;
- l’historique des nettoyages et les notifications ;
- l’intégration aux assistants vocaux.
Si vous cherchez pourquoi l’application Neato ne répond plus
C’est la requête qui amène le plus de monde sur ce sujet, et la réponse est frustrante mais simple : il n’y a rien à réparer de votre côté. L’application n’est pas cassée, elle n’a plus d’interlocuteur. Réinstaller, changer de téléphone, réinitialiser le robot ou refaire l’appairage Wi-Fi ne changera rien, parce que le problème est à l’autre bout de la connexion.
Inutile non plus d’espérer un correctif. Il n’y a plus d’équipe pour le produire. La seule conduite raisonnable est de basculer sur un usage manuel : lancer le robot au bouton quand vous quittez la maison, et le laisser faire son cycle.
Tirer le maximum d’un Neato en mode manuel
Perdre l’application ne condamne pas l’appareil à un usage dégradé permanent, à condition d’accepter de remplacer quelques réglages logiciels par de l’organisation. Trois habitudes changent réellement le résultat.
Remplacez les zones interdites par des portes fermées. Vous ne pouvez plus tracer de limite virtuelle dans l’application, mais vous pouvez fermer la porte de la pièce que le robot doit éviter, ou celle où il a tendance à se coincer. C’est moins élégant, c’est parfaitement efficace, et cela résout au passage la majorité des blocages.
Préparez le sol avant de lancer le cycle. Sans historique ni notification, vous ne saurez pas que le robot s’est arrêté au bout de dix minutes sur un câble de lampe. Trente secondes de ramassage avant le départ évitent de retrouver l’appareil immobilisé au retour.
Lancez le cycle en partant. La programmation horaire ayant disparu, le geste le plus simple est d’appuyer sur le bouton au moment où vous quittez le logement. Le robot nettoiera pendant votre absence et sera revenu à sa base à votre retour, ce qui reproduit l’essentiel de ce que faisait la planification.
Les consommables et les pièces détachées
C’est ici que se joue la durée de vie réelle de votre appareil, et la situation est à deux vitesses.
Les consommables courants restent faciles à trouver. Brosses principales, brosses latérales, filtres : un marché de pièces compatibles produites par des tiers existait déjà avant la fermeture, et il continue de tourner. Comptez quelques dizaines d’euros par an, ce qui reste raisonnable.
Les pièces mécaniques et électroniques sont une autre histoire. La batterie est le point critique : c’est l’organe qui lâche en premier sur un robot de cinq à sept ans, et les modèles de remplacement se raréfient. Le bloc laser, les roues motrices et les cartes électroniques relèvent désormais de la chance et des annonces d’occasion. Sans réseau de service après-vente, une panne sur l’un de ces éléments signe généralement la fin de l’appareil.
Si votre Neato fonctionne encore, le conseil pratique est donc d’acheter dès maintenant une batterie de rechange si vous en trouvez une, plutôt que d’attendre la panne.
Faut-il acheter un Neato d’occasion ?
On en voit encore passer à des tarifs attractifs, et la tentation est compréhensible : ces robots étaient bien construits. Mais faites le compte de ce que vous achetez réellement.
Vous achetez un appareil sans garantie constructeur, sans mise à jour possible, sans application, dont la batterie a de fortes chances d’être en fin de vie, et dont la moindre panne mécanique sera difficile à réparer. Ajoutez le prix d’une batterie de remplacement quand vous en trouverez une, et le budget se rapproche vite de celui d’un robot neuf d’entrée de gamme, qui lui aura une garantie, une application qui fonctionne et des pièces disponibles.
Notre position est nette : à budget équivalent, l’occasion Neato est un mauvais calcul. Le seul cas défendable est le prix symbolique, pour un usage d’appoint, en acceptant par avance que l’appareil soit jetable.
Par quoi remplacer un Neato
Le marché a beaucoup changé depuis la sortie des derniers Neato, et pas seulement en puissance d’aspiration. Trois évolutions comptent vraiment.
La station multifonction. Sur un Neato, vous vidiez le bac à la main après chaque passage ou presque. Les stations actuelles vident le robot toutes seules dans un sac, lavent et sèchent les serpillières, et remplissent le réservoir d’eau propre. L’intervention humaine passe de plusieurs fois par semaine à environ une fois par trimestre.
Le lavage. Neato était un aspirateur, pas un laveur. Aujourd’hui, l’essentiel du marché combine les deux, avec des serpillières rotatives qui appuient réellement sur le sol au lieu de traîner un chiffon humide.
L’anti-emmêlement. C’était le défaut structurel des brosses de l’époque. Les brosses actuelles dites anti-enchevêtrement coupent ou dévient les cheveux et les poils longs au lieu de les enrouler autour de l’axe.
En revanche, vous perdrez la forme en D : elle a quasiment disparu du marché, les fabricants ayant préféré résoudre le problème des angles par des brosses latérales et des serpillières extensibles.
Deux mesures à prendre avant de commander
C’est l’erreur la plus courante au moment de remplacer un robot, et elle n’a rien à voir avec la fiche technique. Sortez un mètre avant de choisir.
La hauteur sous vos meubles. Les robots récents sont souvent plus épais que les Neato, parce qu’ils embarquent un réservoir d’eau et parfois une tourelle laser. Mesurez le dessous du canapé, du lit et des meubles bas où votre ancien robot passait. Si l’écart est de quelques millimètres, vous perdrez l’accès à ces zones et vous retrouverez à passer le balai là où vous ne le faisiez plus.
La place de la station. C’est le vrai changement d’encombrement. Une base multifonction est un meuble : elle réclame un pan de mur dégagé, une prise à proximité, et une marge devant elle pour que le robot puisse s’aligner. Vérifiez que l’emplacement de l’ancien chargeur, souvent glissé sous une console, accepte un volume dix fois supérieur.
Un remplacement de référence
Le modèle ci-dessous illustre bien l’écart de génération. Toutes les valeurs indiquées proviennent de la fiche technique officielle du fabricant, avec le lien vers la source pour chacune.
Dreame L10s Ultra Gen 3
Dreame L10s Ultra Gen 3 Kit
- Aspiration maximale
- 25 000 Pa (mesure du laboratoire interne Dreame)
- Capacité de la batterie
- 5 200 mAh
- Autonomie annoncée
- 231 min et 156 m² en aspiration seule, mode silencieux (laboratoire interne Dreame)
- Dimensions du robot
- 350 x 350 x 97 mm
- Poids du robot
- 3,89 kg
- Dimensions de la base
- 457 x 340 x 590 mm
- Levage de la serpillière
- 10,5 mm
- Sac à poussière de la base
- 3,2 l, soit jusqu’à 100 jours annoncés (laboratoire interne Dreame)
- Bac à poussière du robot
- 250 ml
- Réservoirs de la base
- 4,5 l d’eau propre, 4,0 l d’eau sale
- Cartographie
- Jusqu’à 4 étages
- Niveau sonore
- Non communiqué par le fabricant (non confirmé par le fabricant)
Les points forts
- Station qui vide, lave, sèche et remplit sans intervention
- Sac de 3,2 l, soit une centaine de jours annoncés entre deux vidages
- Serpillière et brosse latérale extensibles pour traiter les angles
- Cartographie jusqu’à quatre étages
Les réserves
- La valeur de 25 000 Pa provient du laboratoire interne de Dreame, pas d’un organisme indépendant
- La base mesure 59 cm de haut, il faut lui trouver une place
- Le niveau sonore n’est pas communiqué par le fabricant
Deux autres pistes selon votre budget. Le Roborock Qrevo 5AE propose la même logique de station complète à un tarif plus contenu. À l’inverse, le Roborock Saros 10 est le seul à retirer complètement ses serpillières avant de monter sur un tapis, et sa tourelle rétractable lui donne accès aux espaces bas où votre Neato passait peut-être encore.
Un mot sur les chiffres d’aspiration, parce que c’est le piège numéro un de ce marché. Les pascals annoncés proviennent presque toujours du laboratoire interne du fabricant, sans protocole commun d’une marque à l’autre. Un écart de 5 000 Pa entre deux modèles ne dit rien d’utilisable. La nature de la brosse, la qualité de la navigation et la fiabilité de la station pèsent beaucoup plus lourd sur le résultat quotidien.
Ce que le cas Neato devrait vous apprendre
La fermeture de Neato n’est pas un accident isolé, et c’est bien pour cela qu’elle mérite une page entière. Elle montre qu’un robot connecté est un produit à deux étages : le matériel, qui vous appartient, et le service, qui ne vous appartient pas.
Avant d’acheter, il vaut donc la peine de se demander ce que devient l’appareil si le constructeur disparaît. Un robot qui garde ses fonctions principales hors ligne est structurellement plus sûr qu’un robot dont la moindre commande passe par un serveur. Et une marque dont la situation financière est incertaine mérite au minimum une vérification avant de poser plusieurs centaines d’euros.
C’est un critère que nous appliquons désormais à toutes nos sélections, au même titre que la puissance ou l’autonomie. Vous pouvez lire comment nous travaillons sur notre page méthodologie, et qui écrit ces pages sur la page à propos.